Cinéma Ivoirien : FICID - une première édition prometteuse, rendez-vous en octobre 2027

Cinéma Ivoirien : FICID - une première édition prometteuse, rendez-vous en octobre 2027

Après trois jours consacrés au cinéma documentaire, à la formation et aux rencontres professionnelles, le FICID dresse un bilan positif de sa première édition. Entre la satisfaction des organisateurs, l’engagement des jeunes et la reconnaissance des cinéastes, le festival prépare déjà la suite avec une ambition renforcée : former et accompagner la nouvelle génération de documentaristes.

Le pari était audacieux, mais il a été relevé. Pour sa première édition, le FICID a réuni étudiants, jeunes passionnés de cinéma et professionnels autour d’une ambition commune : donner davantage de visibilité au documentaire et créer, en Côte d’Ivoire, un espace de formation, de transmission et de création.

Les organisateurs ont rencontré des difficultés, mais ils peuvent se réjouir du chemin parcouru. Les moments de doute et de découragement n’ont pas manqué. La solidarité des acteurs du secteur et la confiance des cinéastes ont toutefois permis à cette première édition de voir le jour.

Djoblé Edgar : « Nous avons osé et nous y sommes »

Réalisateur, directeur artistique et exécutif du FICID, Djoblé Edgar se dit satisfait au terme de cette première expérience. Pour lui, cette édition est avant tout une aventure humaine, portée par la détermination et la solidarité des professionnels du cinéma. 

« Il y a eu des moments de découragement, de doute. Mais malgré les difficultés et les obstacles, nous avons pu y arriver », confie-t-il, en remerciant les cinéastes qui ont fait confiance au festival en lui proposant leurs films.

Au-delà de la satisfaction d’avoir concrétisé le projet, il retient un enseignement essentiel : le cinéma documentaire suscite bel et bien l’intérêt, contrairement à certaines idées reçues. Les masterclasses, animées notamment par Cherokee Hammer, venue du Maroc, et par Marie-Cécile, ont révélé chez les étudiants, les jeunes apprenants et les professionnels présents une vraie envie d’apprendre et de créer.

Cette dynamique encourageante nourrit déjà les ambitions de l’équipe organisatrice.

Le FICID ne compte pas s’arrêter là. Dès la clôture de cette édition, l’équipe s’est tournée vers le prochain rendez-vous, annoncé pour octobre 2027. 

L’une de ses grandes ambitions est la création d’un laboratoire, ou lab, où les participants suivront des sessions de formation, puis mettront en pratique leurs acquis en réalisant des films. L’objectif est clair : passer de la découverte du documentaire à sa pratique, en donnant aux jeunes les outils pour raconter leurs histoires et développer leurs projets.

Les organisateurs veulent ainsi faire du FICID un véritable espace d’apprentissage, d’expérimentation et d’accompagnement des nouveaux talents du cinéma documentaire.

Aux jeunes et d’ailleurs qui n’ont pas pu participer à cette première édition, le message est sans équivoque : osez postuler et saisissez les opportunités offertes. Le festival entend placer les étudiants et les jeunes créateurs au cœur de son projet, convaincu qu’ils sont la relève du cinéma de demain.

Parmi les œuvres présentées figure Entre les fils de l’eau, un premier long métrage documentaire tourné à Saint-Louis, au Sénégal. Le réalisateur y propose une immersion dans le quotidien d’un groupe de jeunes talibés, des enfants confiés à des maîtres coraniques par leurs familles, dont les journées alternent entre mendicité et apprentissage du Coran.

Face à cette réalité sociale complexe, le cinéaste a choisi une approche fondée sur la rencontre et la confiance. Pendant deux à trois ans, il a suivi ces enfants et tissé avec eux des liens qui lui ont permis de s’approcher de leur quotidien.

Le film ne se limite pas à montrer la dureté de leurs conditions de vie : il met aussi en lumière leur vitalité, leur solidarité et la force qu’ils puisent dans le groupe.

Pour son réalisateur, ce premier long métrage est l’aboutissement d’un long travail de six à sept années, jalonné de difficultés et d’obstacles. La reconnaissance du jury lors du FICID a donc eu une saveur particulière. Ému par les mots prononcés et par cette distinction, le cinéaste y voit une étape importante de son parcours.

À travers cette œuvre, le documentaire affirme sa capacité à donner de la visibilité à des réalités sociales rarement abordées et à susciter la réflexion sur des questions essentielles.

Avec cette première édition, le FICID pose les bases d’un rendez-vous qui ambitionne de contribuer à la structuration du cinéma documentaire en Côte d’Ivoire. La formation, la transmission des savoirs et l’accompagnement des jeunes talents constituent désormais les axes majeurs de son développement.

Le chemin reste long, mais cette première expérience a montré qu’il existe un intérêt réel pour le documentaire et une volonté de création chez les nouvelles générations. En misant sur la formation et la réalisation concrète de films, le FICID entend franchir une nouvelle étape en octobre 2027.

Un rendez-vous à suivre, avec l’ambition de faire du documentaire un espace d’expression, de création et de découverte au service des histoires africaines.