Andy Melo : « Dans le cinéma, le prochain contrat se gagne sur le plateau du précédent »
Dans un secteur cinématographique africain en pleine transformation, où les ambitions grandissent et où les opportunités deviennent de plus en plus nombreuses, la question du professionnalisme demeure un enjeu majeur. Le réalisateur ivoirien Andy Melo apporte sa contribution au débat avec une réflexion intitulée « Il faut aller au plus important », un plaidoyer pour une industrie davantage tournée vers l’excellence, la discipline et la qualité artistique.
À travers son analyse, le cinéaste met en lumière une réalité qu’il dit observer régulièrement sur les plateaux de tournage : certains professionnels accorderaient davantage d’importance aux considérations périphériques d’un projet qu’à l’essentiel, à savoir la création d’une œuvre capable de marquer les esprits.
Pour Andy Melo, un contrat ne représente pas une finalité, mais une responsabilité.
« Un contrat ne devrait jamais être vu comme une ligne d’arrivée. C’est une vitrine », affirme-t-il, rappelant que chaque production constitue une occasion de démontrer son savoir-faire et de renforcer sa crédibilité auprès de l’écosystème cinématographique.
Dans sa réflexion, le réalisateur invite les artistes et techniciens à dépasser les questions d’ego, les tensions inutiles et les revendications permanentes pour se concentrer sur la mission première d’un professionnel du cinéma : raconter une histoire et contribuer à la réussite collective d’un projet.
Selon lui, un plateau de tournage est avant tout un lieu de création où chaque geste, chaque décision et chaque comportement participent à l’image que l’on construit auprès des autres professionnels.
« Chaque tournage est une audition pour le prochain », souligne-t-il, rappelant que les opportunités futures naissent souvent de la confiance acquise lors des collaborations précédentes.
Dans une industrie où les réseaux professionnels jouent un rôle essentiel, Andy Melo estime que la meilleure stratégie pour un cinéaste reste la qualité de ses réalisations. Les images produites, les émotions transmises au public et la capacité à fédérer une équipe constituent, selon lui, les véritables marques d’un parcours artistique durable.
« Ce qui restera demain, ce ne sont ni les caprices ni les conflits, mais les images, les émotions et le souvenir d’une collaboration efficace », explique-t-il.
Une vision qui rejoint les nouveaux défis auxquels fait face le cinéma ivoirien : renforcer sa compétitivité, améliorer ses standards de production et construire une réputation capable de dépasser les frontières nationales.
Avec l’évolution rapide du secteur audiovisuel et l’ouverture progressive vers les marchés internationaux, Andy Melo considère chaque nouveau film comme une opportunité de repositionnement artistique. Le réalisateur défend une approche basée sur le dépassement permanent : ne pas simplement reproduire ce qui a déjà été fait, mais chercher à proposer une œuvre plus ambitieuse à chaque nouvelle expérience.
« Notre carrière ne se construit pas avec des revendications permanentes. Elle se construit avec des résultats »,insiste-t-il.
À travers cette prise de parole, Andy Melo adresse un message aux nouvelles générations de cinéastes : dans un métier où chaque rencontre peut ouvrir une nouvelle porte, l’excellence reste la meilleure carte de visite.
Car au-delà des discours, ce sont les œuvres qui construisent les carrières.





