À Abidjan, “Les Trois Lascars 2” symbolise la montée en puissance du cinéma africain
Avec Les Trois Lascars 2, le réalisateur Boubakar Diallo signe bien plus qu'une suite : il pose la première pierre d'un Hollywood francophone, ancré dans les réalités africaines et tourné vers un milliard de spectateurs.
La nuit du 14 mai 2026, Abidjan vibrait d'une énergie rare. Dans les salles et les milieux artistiques de la capitale économique ivoirienne, l'avant-première de Les Trois Lascars 2 ne ressemblait pas à une simple projection. C'était une déclaration d'intention.
Réalisé par le cinéaste burkinabè Boubakar Diallo, ce second opus prend la relève d'un premier film déjà historique : sorti en 2021, Les Trois Lascars était le seul long-métrage burkinabè en compétition officielle au FESPACO, ce Cannes de l'Afrique subsaharienne. Un signal fort, que le réalisateur a choisi d'amplifier.

“ J'espère que ce film, aux côtés d'autres productions, contribuera à une dynamique de coproduction africaine un espace francophone capable de faire naître de véritables blockbusters, à l'image de ce qu'est devenu Bollywood.“
— Boubakar Diallo, réalisateur
Au cœur de l'intrigue, trois personnages attachants évoluent dans une comédie ancrée dans les réalités sociales et conjugales africaines. Ici, pas d'exotisme de façade ni de compromis pour un public occidental : Les Trois Lascars 2 parle à l'Africain d'aujourd'hui, avec ses doutes, ses rires et ses contradictions.
Mais la force du film dépasse son récit. C'est sa géographie de production qui retient l'attention : une coproduction trinationale Burkina Faso – Côte d'Ivoire – France, qui illustre concrètement ce que peut être la collaboration audiovisuelle francophone au XXIe siècle. Partager des moyens, des talents, des marchés et in fine, une vision.

Selon l'UNESCO, le secteur audiovisuel africain pourrait générer plus de 20 milliards de dollars et créer près de 20 millions d'emplois. Des chiffres qui changent le récit : l'Afrique n'est plus seulement un terrain d'inspiration pour d'autres industries, elle devient elle-même une industrie.
Pour le continent fort de 1,3 milliard d'habitants, la question n'est plus « peut-on faire du cinéma en Afrique ? » mais « combien de temps encore laissera-t-on d'autres le faire à notre place ? » Les Trois Lascars 2, à sa manière modeste et lumineuse, apporte un début de réponse.





