FICID : Quand le cinéma ivoirien choisit de raconter le réel
Du 22 au 24 octobre 2026, le Festival Ivoirien du Cinéma Documentaire veut offrir au cinéma du réel une scène à sa mesure. Une première édition pensée comme un rendez-vous, mais surtout comme le point de départ d’un mouvement destiné à former, révéler, produire et faire circuler les histoires africaines.
Et si l’une des plus belles histoires du cinéma africain était encore à écrire ? Celle d’un cinéma capable de regarder le continent sans filtre, de saisir ses visages, ses mémoires, ses contradictions et ses transformations, et de les transmettre au monde à travers le regard de ceux qui les vivent. C’est tout le pari du Festival Ivoirien du Cinéma Documentaire (FICID), porté par Mme Nomel AGNEI, directrice et promotrice, et Djoblé Edgar Ahouné, directeur exécutif et artistique. Du 22 au 24 octobre 2026, la Côte d’Ivoire accueillera ainsi un rendez-vous entièrement consacré au documentaire, dans un paysage cinématographique où la fiction et les séries occupent souvent le devant de la scène.

Pourquoi le documentaire ? Parce qu’il existe encore un espace à conquérir. Selon les organisateurs, le genre reste insuffisamment mis en lumière, alors même qu’il constitue un formidable outil pour raconter la culture, le patrimoine et les réalités africaines. Le FICID entend également faire tomber une confusion persistante entre reportage et documentaire, en donnant aux jeunes l’envie de comprendre ce langage, de l’expérimenter et, surtout, de l’aimer. « Notre culture, notre vécu » deviennent alors une matière cinématographique à part entière. Le documentaire ne cherche pas à inventer le réel : il l’observe, le questionne, le révèle et parfois le préserve. Dans un continent où tant d’histoires restent encore à raconter, cette démarche prend une dimension particulière.
Cette conviction est également portée par Pokou Eudes Directeur de la production et de l'attractivité chez Côte d'Ivoire Cinéma, qui considère que « le cinéma du réel » représente une véritable chance pour l’Afrique. Pour lui, raconter le continent à travers ses propres images permet de montrer sa richesse sans artifices et de transmettre aux générations futures une mémoire construite depuis l’intérieur. Car si l’Afrique a longtemps été regardée et racontée par d’autres, elle dispose désormais des outils et des talents pour reprendre la parole. Raconter l’Afrique par les Africains, et particulièrement par sa jeunesse, c’est aussi rééquilibrer le regard porté sur le continent.

Le FICID ne veut surtout pas être un rendez-vous qui s’achève lorsque les lumières des salles s’éteignent. L’ambition est plus large : créer une véritable passerelle entre formation, création, production, diffusion et professionnalisation. Les lauréats pourront notamment être accompagnés à travers les écoles et les étudiants, tandis que les professionnels ayant présenté des œuvres remarquées pourront être orientés vers des opportunités de diffusion et de vente auprès de chaînes nationales et internationales ou de plateformes. Le festival devient ainsi une porte d’entrée vers un écosystème plus vaste. Un prix ne serait plus seulement une récompense, mais le début d’une nouvelle trajectoire.
Pour cette première édition, le FICID assume une sélection attentive sans tomber dans la complaisance. Originalité du sujet, pertinence du propos, regard porté sur le réel et approche artistique constituent les principaux critères. Le jury réunira des professionnels nationaux et internationaux, avec également un regard extérieur permettant de prendre du recul et de questionner les choix artistiques. Les premières œuvres reçues auraient déjà surpris par leur qualité. Une manière de rappeler que le documentaire ivoirien n’est ni un cinéma mineur ni un simple outil pédagogique : il peut être exigeant, puissant, esthétique et profondément cinématographique.

Le 22 octobre, le festival ouvrira officiellement ses portes avec la cérémonie d’ouverture, avant une première masterclass et des échanges avec les réalisateurs. Le 23 octobre, les films en compétition investiront les salles partenaires, avec des projections annoncées gratuites, tandis qu’une table ronde réunira des professionnels autour de l’avenir du documentaire en Afrique et en Côte d’Ivoire. Le 24 octobre, la cérémonie de clôture consacrera les œuvres distinguées et les talents de cette première édition. Mais derrière ce programme se dessine surtout une invitation : celle faite aux professionnels, aux étudiants, aux élèves, aux réalisateurs, aux producteurs, mais aussi aux amoureux de fiction et de séries, de venir découvrir un autre visage du cinéma.
Le FICID appelle également les entreprises, institutions, annonceurs et partenaires à rejoindre cette aventure. L’appel à candidatures est ouvert jusqu’au 20 septembre 2026, avec déjà de nombreuses œuvres reçues. L’objectif n’est cependant pas de remplir les écrans à tout prix, mais de préserver la qualité et la singularité de cette première sélection.
Car au fond, le FICID défend une idée simple, mais essentielle : un peuple qui ne raconte pas son histoire laisse toujours quelqu’un d’autre la raconter à sa place. En choisissant le documentaire, la Côte d’Ivoire choisit donc de regarder son époque, de conserver ses mémoires et de donner aux nouvelles générations les moyens de raconter leur propre continent.
L’Afrique n’a pas seulement besoin d’être regardée. Elle doit aussi pouvoir se raconter.
Du 22 au 24 octobre 2026, le FICID donne rendez-vous au cinéma ivoirien pour une première édition placée sous le signe du réel, de la transmission et du regard africain.





